Cameroun-Yaoundé le 23 février 2011:
Mr Louis Tobie Mbida, président du PDC(parti des démocrates camerounais) et candidat à l'élection présidentielle, a été interpellé dans les locaux de l'église catholique romaine le 23 février 2011, alors qu'il se préparait à rencontrer les membres de son parti. La réunion a été interdite, car "sans autorisation en règle"



Cameroun - bilan d'une gestion sans partage en plus de 28 ans de magistrature suprême: incompétence sans appel.
Paul Biya à court de réponses aux critiques à lui adressées
  dans la gestion de l'État


 Le président Biya est devenu son principal opposant. D’une part, il est le premier à reconnaître les maux qui minent son régime et d’autre part, il joue l’expert qui, comme dans un cabinet conseil ou dans un séminaire à l’université, fait la proposition de toutes les solutions idéales. Ce faisant, il fait bien le jeu de l’aire de la promesse intelligente car, au niveau du pilotage des politiques publiques ou de l’opérationnalité de ses objectifs politiques, il reste dans le flou. Analyse pragmatique du discours du président Biya à la Nation le 31 décembre 2010. Comme par le passé, le discours de fin d’année du président camerounais a été un discours-bilan et un discours-programme. Sa structure respecte les canons classiques et académiques de la rédaction administrative à savoir : une introduction (ouverture), un développement et une conclusion (clôture). Ainsi, on peut structurer ce discours en trois grandes parties et en 9 sous-parties à savoir : (1) le bilan de 2010, (2) le programme de 2011 et (3) les vœux pour 2011. À travers trois mots de transition (d’abord, également, enfin), le bilan du président Biya est susceptible d’être structuré en trois sous-parties à savoir : la célébration du cinquantenaire de l’accession à l’indépendance, l’application de la stratégie pour la croissance et l’emploi, et le rôle notable sur la scène internationale. De même, son programme pour 2011 peut être structuré en 6 sous-parties à savoir : la célébration du 50ème anniversaire de la réunification, les élections et particulièrement de l’élection présidentielle, les perspectives économiques, les actions dans le domaine social, les conditions de vie des populations et les « autres sujets ». Enfin, ses vœux de déclinent en trois lignes. Même si l’on peut noter un déséquilibre des sous-parties, le président de la République du Cameroun a toujours été très formel et administratif dans son style verbal et non verbal (faits, gestes, paroles). Ce qui a changé depuis son adoption d’une tonalité critique dans son discours au congrès du Rdpc en 2006, c’est son goût devenu prononcé pour la promesse intelligente et son exploitation de l’imaginaire populaire.

La promesse intelligente au sens de Kakdeu (2010a) se manifeste par l’utilisation de tous les moyens humains et technologiques à jour pour actualiser le langage de bois (Boyomo Assala, 2001). L’intelligence est mise au service de la feinte politique. Si l’on était dans un match de football, on dirait que de plus en plus, le président camerounais change de poste. Il feint de ne plus jouer à la défensive et d’être à l’offensive. Face à la passivité de l’opposition et à l’insuffisance des programmes alternatifs en face, on observe l’émergence d’un Paul-Biya-Intelligent qui est l’opposant principal du président Paul Biya au pouvoir. A l’aide de l’antithèse, « l’opposant Biya» énumère minutieusement tous les maux du système d’une part et y apporte au fur et à mesure des solutions savantes d’autre part. Sur le plan rhétorique, l’acte se concrétise dans son discours du 31 décembre 2010 par la transition suivante : « Cet examen rétrospectif nous a aussi permis de prendre la mesure de nos lacunes et de ce qui nous reste à accomplir pour accéder à la modernité. » De plus, on enregistre la déclaration péremptoire suivante : « Comme vous le savez, notre stratégie comporte la mise en œuvre de grands projets agricoles, miniers, industriels, énergétiques et infrastructurels ». Pas mieux ! En gros, ces phrases sont des adoucisseurs qui permettent de faire « avaler la pilule amère » de tous les manquements susceptibles d’être relevés dans sa gestion. Ce sont des actes de politesse négative au sens de Kerbrat-Orecchioni (1992, 1996, 2005) qui permettent de contrer toute forme de critique viable en réduisant l’ampleur des dégâts causés sur les conditions de vie (« des plaies de notre société »).

De plus, son argumentaire basé sur les faits empiriquement avérés pourrait lui permettre aussi de contrer la critique selon laquelle il ne connaît pas les dossiers à cause de ses multiples « séjours privés en Europe ». Pour prouver qu’il est concret et prendre à contre-pied ses adversaires, il utilise des enchanteurs qui sont des propos convenables et qui, sur le plan argumentatif, permettent de métacommuniquer, de forcer la main au récepteur ou de le mettre dans une situation intenable signifiant « oui ». Le président Biya dit : « Si vous le voulez bien, regardons les choses de plus près ». Cette formule par exemple lui permet de prendre de l’ascendance sur ses interlocuteurs (adversaires) et de discourir dans une situation politiquement confortable.
Approche discursive Au-delà de cette dextérité savante, l’approche discursive du chef de l’État peut être classifiée dans la catégorie de ce qu’on appelle les actes subordonnés de justification. Dans les faits, il justifie, de façon douce, les actes ratés de son administration. Il s’agit notamment : d’une « certaine atonie » de « notre économie, c’est-à-dire essentiellement notre agriculture », « un déficit évident d’énergie » qui a fait « souffrir » le secteur secondaire, un « ralentissement de l’activité économique », un « fléchissement des recettes » et un accroissement des « dépenses publiques », une crédibilité non acquise « aux yeux de nos partenaires », un attrait mitigé des « investisseurs », un « effet retardateur » dans le « démarrage » des projets, une « certaine passivité de quelques responsables », un mauvais « exemple » de la part de l’Etat, une « surliquidité des banques », des financements inaccessibles, un déséquilibre du commerce extérieur avec des exportations qui «  marquaient le pas » et des importations qui « continuaient de croître à un rythme élevé », une balance commerciale « nettement déficitaire » hors pétrole, un « caractère encore extraverti de notre économie », une diplomatie moins dynamique ou encore en « renaissance », une « marche » à faire vers « l’intégration » nationale, une inadéquation d’Elecam, des « cultures de rente qui vivotent depuis vingt ans alors que les cours sont redevenus rentables », une non-exploitation des « capacités » de « l’agriculture industrielle », une sous-production « d’emplois et de richesses », un manque de développement des « industries de transformation », un non-démarrage des « projets miniers », des « obstacles du crédit », une existence dans « l’ornière [de] plusieurs dossiers qui stagnent depuis trop longtemps », un manque de « suivi suffisamment volontariste », un manque « des infrastructures […] notamment dans les centres urbains »,  un « manque de logements sociaux», une existence des « dérives inacceptables », un chômage qui « a eu tendance à s’aggraver », une « insécurité qui persiste », une « spéculation sur les produits alimentaires qui touche les couches sociales les plus vulnérables », une « corruption, toujours elle, sans cesse renaissante et qui s’est étendue », une « insécurité routière qui fait chaque année de nombreuses victimes », un état de la voirie « dégradée », une « pénurie » d’eau et d’énergie, etc.

Le président Paul Biya reconnaît presque tout ce qu’on lui reproche. On peut dire, sur la base de cette auto-analyse-diagnostic, que voilà la liste presque exhaustive des maux qui minent le Cameroun au soir du 31 décembre 2010. Le Président reconnaît qu’il convient de faire « un constat nuancé […] sur l’évolution de notre économie ». En reconnaissant les difficultés de l’heure, l’intention de communication est du Président Biya est probablement de créer de l’empathie avec tous ceux qui souffrent ou qui subissent les méfaits de son administration. Ce sont des procédés réparateurs qui permettent de renouer la confiance. Par ailleurs, il utilise des désarmeurs qui ont pour fonction de désamorcer les éventuelles réactions négatives des populations en détresse qui scandent : « le temps passe… on est pressé…il faut faire vite, notre avenir est fichu, etc. ». De façon anticipée, le Président fait état de ce que « face à cette situation », il a pris des mesures « pour gagner du temps ».

Le discours du Président serait un bon acte de l’opposition si, au plan rhétorique, on n’observait pas une antithèse qui permet de faire un dépassement savant des problèmes publics relevés. Ainsi, on peut résumer la structure de l’argumentation présidentielle dans un tableau dans lequel on associerait à chaque problème public énuméré, une promesse intelligente en guise de solution savante. En gros, « les efforts se poursuivent ». De plus, le Président du Cameroun trouve une archi-cause (un coupable) à l’essentiel des manquements de l’année 2010 à savoir : « Les différentes crises que nous avons subies, comme la plupart des pays en développement ». Il le dit avec insistance : « je le répète ».

Plan opérationnel

Sur le plan opérationnel, on peut observer que sa feinte de la promesse intelligente est de dévier le débat au niveau des objectifs politiques. Au plan stratégique, il est clair qu’on peut se permettre de tout promettre. Toutefois, le président de la République reste largement critiquable sur le plan opérationnel ou mieux dans le pilotage des politiques publiques. Il n’apporte pas une réponse harmonieuse aux principales critiques qui lui sont souvent adressées dans la gestion quotidienne de l’État. En effet, comment entend-il faire face à l’inertie, à la corruption, à la mauvaise gouvernance, à l’impérialisme, à la bureaucratie ? Ce sont-là quelques problèmes de pilotage qu’il diagnostique lui-même mais, qu’il esquive tout en se concentrant sur le renforcement de l’idéale qu’il veut faire passer au niveau de mangement politique. Pourtant, dans les faits, aucune « émergence » n’est à espérer si le pilotage des politiques publiques reste défectueux. En suivant le chef de l’État dans sa logique, on a des raisons d’être inquiet sur le traitement qu’il réserve aux obstacles opérationnels. À travers ce qu’on appelle politesse positive, il ménage la face d’une bonne partie des groupes cibles qui sont responsables des « plaies » de la société. Il s’agit de ceux qu’il appelle les « éminentes personnalités » qui vivent au rythme de l’argent, de l’honneur et de la gloire, le déictique « Nous » dont l’essentiel des membres sont « éperviables », les « investisseurs » qui sont pour l’essentiel des corrupteurs, les « partenaires » dont beaucoup ne regardent pas l’intérêt supérieur du Cameroun, les « bailleurs de fonds» et les « institutions financières internationales »  dont les mesures de redressement inhumaines empêchent le peuple de voir « le bout du tunnel », etc. De façon adéquate, son hypothèse d’intervention pouvait être la suivante : si le président de la République veut mettre fin aux obstacles qui freinent le développement du Cameroun, alors il met l’impulsion sur ce groupe « des personnes mouillées jusqu’aux os » dans le but d’obtenir des changements de comportements. Or, il est resté muet sur ces questions. On peut citer une autre pensée populaire très répandue qui résume mieux la situation : « Au Cameroun, on sait exactement ce qu’il faut faire mais, on ne le fait pas ». En clair, le « messie » aujourd’hui ne peut pas être celui qui parle de stratégies politiques car, en citant « Africa 21 », le président pouvait aussi citer les dizaines de milliers de réunions, séminaires et colloques qui se déroulent chaque année sur le développement. Il serait prétentieux aujourd’hui de penser qu’on peut « surprendre » les « éminentes personnalités » qui nous dirigent avec une proposition qu’elles n’auraient jamais entendu ou discuté dans ces assemblées. Le Président aurait pu aussi dire qu’au Cameroun, « les bonnes solutions aux problèmes publics se trouvent dans les tiroirs ». Le « messie » sera donc celui qui débloquera les obstacles à la mise en œuvre ou mieux, celui qui saura faire face à la coaction mafieuse entre les acteurs publics et qui voudra « donner sa tête pour être brûlée » au nom du peuple. En restant muet sur ces questions, le président Paul Biya ouvre une brèche intéressante au profit de l’opposition.

Calcul politique

Dans un calcul politique largement critiquable, il se donne plutôt la peine de  consolider les objectifs politiques alors que la population est en contact au quotidien avec les défaillances de l’opérationnel. Techniquement, il ne s’adresse pas à la « Nation » entière mais à l’élite en charge de l’opérationnel. Ce discours serait donc très adéquat pour un conseil ministériel où il « donne le cap ». En termes d’outcomes, on devrait avoir sur le terrain d’ici un mois, une multitude de versions issues de la traduction approximative qu’en fera chaque élite au niveau de sa base. En gros, en restant dans le management politique,  il ne résout pas son problème de « communication grippée ». Cela veut dire qu’un autre leader qui s’adresse directement aux populations nécessiteuses pourrait avoir plus d’effets sur la masse. En gros, il est encore possible au Cameroun d’avoir le succès d’un leader charismatique qui saurait exploiter sensationnellement la misère du peuple (populisme). En s’éloignant de l’opérationnel, le Président Paul Biya donne la possibilité à la renaissance d’un « sofa don finish » de 1992 ou à la réédition des « émeutes de la faim » de février 2008 survenues étonnement après une « victoire confortable » aux législatives. Les gens ont faim et il faut être pragmatique non pas en cherchant les « voix » à travers la « politique du ventre » mais, en osant attaquer le mal à la racine. On sait que le problème de l’agriculture et du commerce extérieur réside dans les accords pernicieux de l’Omc. De plus, la politique monétaire de la zone du Franc Cfa est une des causes majeures des « surliquidités des banques » et des problèmes de financement des « projets structurants » énumérés. De même, les accords commerciaux avec les « investisseurs » et les « partenaires » sont souvent peu avantageux pour le Cameroun et il faut oser les réviser, etc. De façon péremptoire, une bonne partie de l’opinion pense que le Cameroun ne se développera pas en cherchant à plaire aux « bailleurs de fonds ». Ce sont-là des « niches » de « résistance » pour les uns ou de « décontraction » pour les autres que le Président évite mais, qui restent plus que jamais d’actualité.

En faisant des compliments à la diaspora (« je tiens à rendre hommage »), Paul Biya sait qu’elle est suffisamment mobilisée sur ces questions et que le danger pourrait venir de l’étranger en 2011. Il veut que l’élection présidentielle « soit incontestable ». Dans les faits, cela n’est possible que si tous les acteurs s’entendent sur « l’indépendance » de l’organe des élections (Elecam) et sur le « rôle » de la communauté internationale dans les opérations postélectorales. Dans tous les cas, le Président Biya se donne la peine d’être le moins reprochable possible sur le plan politique. Il prévoit la possibilité pour lui de n’être pas exhaustif au niveau des objectifs stratégiques. Pour ce faire, il s’arrange à contrer tout « apprenti sorcier » qui pourrait proposer mieux à travers une formule de clôture à valeur rhétorique : « Pour les autres, les négociations continuent avec les groupes intéressés et nous espérons qu’elles aboutiront prochainement ». Il dit aussi de façon rhétorique : « Ces mesures ne règlent évidemment pas le problème général de l’emploi dont la solution est fonction de la relance de la croissance, laquelle reste notre principale préoccupation » ou « Ces problèmes qui affectent votre vie quotidienne devront faire l’objet d’un suivi vigilant et d’une recherche constante de solutions ». Ce sont-là des amadoueurs qui visent à réduire l’hostilité de la passivité de son administration que sa communication politique appelait bien « style pédagogique ». En effet, en voulant justifier ce que certains appellent l’inertie (lourdeur administrative ou lenteur dans le changement social) par la pratique de la pédagogie, sa cellule de communication créait étonnement une menace sur ce qu’on appelle la face positive ou les images narcissiques d’un Président qui comptabilise fièrement aujourd’hui 28 ans au pouvoir. Parler de « pédagogie » est menaçant pour la face de tous les acteurs en ce sens qu’entre temps, une génération de jeunes nés à son accession au pouvoir (plus d’une dizaine de millions) est devenu majeure, violente et « encombrante » parce qu’elle s’estime « sacrifiée » injustement. Il convenait plutôt d’utiliser des adoucisseurs.

Dans son diagnostic, son jugement est à son avantage. On observe une forte occurrence des adjectifs subjectifs valorisants comme : favorable, important, élevé, stimulant, volontariste, prochaine, crucial, grande, particulier, encourageant, vigoureux, etc. De même, on atteste entre autres la dominance des verbes subjectifs comme : multiplier, perfectionner, poursuivre, continuer, s’efforcer, ne pas ralentir, rattraper, suffire, dynamiser, redynamiser, lancer, relancer, renaître, rouvrir, retrouver un niveau normal, sortir de l’ornière, améliorer, qui, au niveau opérationnel, ne renvoient pas aux faits quantifiables. Cela est similaire à l’extrapolation ou l’exagération des chiffres utilisée dans le but de « vanter » son bilan. On atteste la forte récurrence des articles indéfinis qui permettent d’augmenter ses réalisations. Cela est combiné dans l’exemple suivant à une énumération : « De nouveaux centres de soins s’ouvrent chaque année. Des hôpitaux sont en construction ou en projet. Des médecins et des personnels de santé sont formés et recrutés ». A chaque discours du Président à la Nation le 31 décembre, le peuple attend des annonces sensationnelles. Cette fois-ci, le Président Biya s’est encore plié à cet exercice. Il annonce la suppression du « coût du traitement du paludisme simple des enfants de moins de cinq ans ». Et il enchaîne de façon rhétorique : « Nous continuerons dans cette voie … Est-ce suffisant ? Sans doute pas, mais les ressources de l’État ne sont pas inépuisables ».
Dans son style, on observe surtout une rupture avec le registre soutenu et très administratif qui caractérisait ses prises de parole: « Il parlait comme à l’académie française », disait-on. Le président de la République a introduit quelques mots, expressions et pensées du terroir à l’instar de : « faire bouger les choses », « il est temps », « consommer c’est bien, mais produire c’est mieux », « unité dans la diversité », « le Cameroun produit ce qu’il ne consomme pas et consomme ce qu’il ne produit pas », etc. À cela s’ajoute l’auto-identification («Personne n’y croyait, seuls nous, y croyions. Nous y sommes arrivés ») et l’indexation individuelle (« chacun d’entre vous ») qui ont pour fonction de créer de la sympathie. On peut donc dire que c’est résolument un Président en quête de popularité. C’est un Président en campagne électorale. Il dit en substance à la clôture de la partie sur le discours-bilan/discours-programme qu’il se donne favorable: « Bien entendu, pour ce faire, j’aurai besoin de votre soutien, lequel ne m’a jamais manqué». Enfin, toujours en prévision des élections et de son « image de sérieux et de dynamisme » à l’internationale, il se veut rassurant à l’endroit de la communauté internationale en montrant sa volonté de : « mettre sur pied des institutions comportant les principales caractéristiques d’un État démocratique ». Ce sont des actes de politesse négative qui ont pour fonction de consolider l’acceptation.

Louis Marie Kakdeu

 



Cameroun : Le faux procès contre la Diaspora 
Christian Alain revient sur les reproches qui sont souvent faits à la diaspora Camerounaise (peur, lâcheté, ignorance des réalités) faisant ainsi d'eux des citoyens de seconde zone.

Très souvent on entend dire à propos des membres de la diaspora camerounaise, « ils sont loin du pays, ils ne connaissent pas les réalités du pays », «ce sont des vendeurs d’illusions ou des traitres », « ils n’ont rien à perdre », « ils conspirent contre le Cameroun et pourtant ils sont à l’abri du besoin », «ils sont maîtres dans l’art de la ratiocination dans le vide », «Ceux sont des lâches, le vrai combat c’est sur le terrain »,` bref toute une série de boutades et mensonges soigneusement entretenus par certains caciques du landernau politique camerounais afin de faire barrage à l’influence grandissante de la diaspora.

Sans me faire le défenseur ou le porte-parole de la diaspora, sans nier les dérives et abus d’une certaine diaspora, j’aimerais tout de même attirer l’attention des uns et des autres sur ce qu’il convient d’appeler «Le faux procès contre la diaspora ».

Gardons-nous de succomber aux sirènes de ces mensonges, qui tendent à laisser croire qu'il y a les Camerounais de la Diaspora et les Camerounais du pays. Nous sommes tous des Camerounais et nous sommes tous (à quelque exception près) préoccupés par le sort de notre pays. Chacun entend le défendre où il réside et avec les moyens pacifiques dont -il dispose.

Aujourd’hui certaines personnes malintentionnées donnent l'impression que les Camerounais du triangle national qui osent s’insurger contre les injustices sociales sont dupes, malléables et manipulés par la diaspora. Face à cette dénégation de la réalité, il convient de se demander si les évènements de 2008 étaient du fait de la diaspora? Les SMS et les tracts qui ont circulé le 23 février 2011 appelant au soulèvement contre le régime Biya, émanaient-ils de la diaspora ? Mboua Massock, est-ce la diaspora ? Anicet Ékani, Kah Wallah, Nitcheu sont-ils des membres de la diaspora ? Au lieu de reconnaître que le malaise part de l'intérieur, du dépérissement du tissu social et trouver de ce fait des solutions, le sérail donne le sentiment que la diaspora agite le spectre de guerre. Mieux il profite de cette occasion pour ventiler in fine, "ils (diaspora) restent là-bas et vous demande d'aller vous faire tuer ". Faisons tous attention, car la manipulation est très souvent là où on s’y attend le moins.

Par ailleurs, c’est une absurdité de la part de certains Camerounais, de croire que le fait d’être à l’étranger met ipso facto un membre de la diaspora engagé politiquement, à l’abri d’éventuels griefs ou attaques physiques des membres du régime. La plupart des membres de la diaspora qui se trouve être des critiques acerbes du régime, a sa famille proche au Cameroun. Félix Moumié n’a-t-il pas été empoisonné le 3 novembre 1960 alors qu'il était à Genève ? Comme pour dire que la diaspora n'est pas plus à l'abri des revers de fortune que les Camerounais engagés politiquement au pays.

En écoutant très souvent une frange (négligeable heureusement) de la population camerounaise, on a comme l’impression que celle-ci tend à sous-estimer, à relativiser la vulnérabilité ou la souffrance auxquelles peut être soumis un critique de la diaspora. Critique de l'intérieur ou de l'extérieur, la réalité est que les deux sont soumis à la même vulnérabilité, à la même souffrance même si le contexte est différent. Qui peut quantifier ou jauger valablement le degré de souffrance d'un critique du régime qui ne peut manifestement pas revoir sa famille sans mettre sa vie en danger ? Ni retourner au Cameroun, sa terre d'attache ? Qui doute même de ses amis ? Qui reçoit les menaces de mort chaque jour etc.?


Si la diaspora peut profiter de la position qui est la sienne pour braquer les projecteurs sur un certain nombre de dérives, pourquoi s'en plaindre ? Est-ce vraiment l'enjeu du débat que de dire qu'il est plus facile pour la diaspora, parce qu’étant par essence à l’extérieur, de protester que le citoyen lambda qui est au Cameroun ? Admettons qu'il soit plus facile, y a-t-il un problème à profiter de cette possibilité offerte pour défendre des causes justes ? À défaut de pouvoir le faire, laissons donc ceux qui ne sont pas sous l'empire d'un ensemble de contraintes le faire. Et même, il convient d'atténuer notre propos. Mathias Éric Nguini Owona, - très critique du gouvernement -, n'est-il pas le fils de l'autre ?

N'oublions pas qu'avant d'être de la diaspora les Camerounais ont grandi au Cameroun et beaucoup se sont expatriés à contrecœur et pour de nombreuses raisons que nous tous savons. Si ces membres sont plus audibles aujourd'hui, cela ne veut aucunement dire qu'ils ne s’insurgeaient pas au Cameroun. La différence est qu’ils ont aujourd’hui plus facilement accès aux moyens de communication.

Même à l'étranger les membres de la diaspora demeurent des Camerounais. Non des Camerounais à part, mais des Camerounais à part entière. Qui peut nier aujourd’hui l’apport de la Diaspora au «développement » du Cameroun ? Pour ne citer qu’un exemple, signalons les données relayées par le journal Les Afriques : « Quelque 40 milliards de dollars ont été transférés en Afrique en 2008, contre 4 milliards de dollars en 2003. À elle seule, la diaspora camerounaise a transféré 280 millions de dollars en 2006. Selon le Ministère camerounais des finances, le transfert d'argent de la diaspora est la seconde source de financement externe des pays en développement, derrière les investissements directs et devant l'aide publique au développement des partenaires bilatéraux et multilatéraux.»

Chaque pays s'est toujours trouvé renforcé grâce (AUSSI) à sa diaspora.

Critique de l'intérieur ou de l'extérieur, ils sont logés à la même enseigne avec des réalités différentes et non forcément plus difficiles ou plus faciles que d'autres. Ici, place est plutôt - ce de part et d'autre - à la puissance même du mot SACERDOCE. Que chacun joue son rôle. Si quelqu'un dit, « moi Amadou Mbarga Fotso John Stephen, ces choses ne regardent pas ». Tant mieux. Mais qu'il soit tout autant respectueux de Kouma Fontcha fatimatou Ndi Aurelie qui, elle, s'engage à son risque et péril.

Fondamentalement, il est question de sortir de ces dissensions puériles et stériles entre les Camerounais des deux bords et savamment entretenues par les hiérarques du régime Biya, pour revenir au vrai débat à savoir : les conditions sociales et économiques des Camerounais et précisément des jeunes Camerounais.

La paix ne veut aucunement dire absence de guerre. Quelqu’un qui ne peut pas se nourrir, se vêtir, se divertir, se marier, se loger, etc., est-il vraiment en paix ? Les jeunes camerounais ont manifestement arrêté de rêver, d’espérer. Et un jeune qui ne crois plus en l’avenir, qui ne rêve plus est un rebelle potentiel.

Que ceux qui président aux destinées de ce pays riche de ses ressources touchent du bout des doigts les problèmes réels des Camerounais au lieu d’invectiver, de diaboliser la diaspora ou de monter certains Camerounais contre leurs compatriotes. Méritocratie, emplois, transparence électorale, pouvoir d’achat voilà quelques points qui mériteraient l’attention de ces thuriféraires du régime.
Terminons par cette belle pensée du Roi Ghezo d’Abomey qui disait un jour : « Si tous les fils du royaume venaient par leurs mains assemblées boucher tous les trous de la jarre percée, le pays serait sauvé ».

Cameroun-Transport aérien:

De la Cameroon Airlines à la Camair-Co
Sur la voie de la bonne gestion ou énième gachis?



C’était à l’occasion d’une cérémonie présidée ce jeudi 24 février à Douala par le Gouverneur Fai Yengo Francis. On peut désormais le dire sans risque de se tromper, puisque le Directeur Général lui-même l’a confirmé, que l’on s’achemine vers le décollage effectif de Camair-Co, la nouvelle compagnie camerounaise de transport aérien. Après la cérémonie d’installation des principaux dirigeants il y a près d’un mois, l’on a procédé ce jeudi 24 février 2011 à la présentation officielle du logo de la compagnie.

 

C’était au cours d’une cérémonie présidée à l’hôtel Sawa de Douala par le Gouverneur de la région du littoral Fai Yengo Francis, en présence du Délégué du Gouvernement auprès de la Communauté Urbaine de Douala Fritz Ntone Ntone et de nombreuses autres hautes personnalités de la région et d’ailleurs.

Au départ étaient trois œufs
Trois œufs aux couleurs du drapeau du Cameroun. Désormais, il n’en reste plus que deux, l’un ayant éclos et dans lequel se trouvait ce logo. Logo qui reflète la diversité, la vivacité, la fierté et la chaleur, bref toutes les spécificités du peuple camerounaisa expliqué le Directeur Général de la compagnie Alex Van Elk. Sur le logo apparaît une étoile, symbole de l’union, un cercle pour signifier l’ensemble du peuple et un oiseau, significatif du tour du monde que fera Camair-Co. Avec pour signature, L’étoile du Cameroun. Présentant les valeurs qui caractérisent son équipe à savoir l’intégrité, la dignité, le respect, la diversité, l’égalité, la créativité et l’innovation, le Directeur Général a par ailleurs laissé entendre dans son discours que la compagnie avait reçu pas plus tard que ce mercredi, son certificat de transporteur aérien (Airline Operating Certificate) et donc, peut déjà s’élancer dans les airs.

 

 

Flotte, vols et personnel
Au sujet de la flotte, l’on apprend que Camair-Co dispose à la veille de son décollage deux avions, un Boeing 767-300 ER réparti en 30 class affaires et 180 en économiques, et un Boeing 737-700 pour 12 class affaires et 116 économiques. L’ambition étant d’avoir d’ici la fin de l’année au moins quatre avions sur son tarmac. En attendant, trois lignes sont prévues pour l’instant sur le plan local au départ de Douala. Douala-Maroua trois fois par semaine, Douala-Garoua six fois par semaine et Douala-Yaoundé à la fréquence de douze fois par semaine. Pour ce qui est des vols régionaux, la compagnie assurera pour un départ la ligne de Ndjamena au Tchad trois fois par semaine et à brève échéance Dakar, Libreville, Lagos, Brazzaville... Quand aux vols internationaux, la compagnie desservira tout d’abord Paris en France cinq fois par semaine et à venir en long courrier, la Chine, Dubaï et Johannesburg. Au sujet du personnel, Alex Van Elk fait savoir qu’à ce jour la compagnie emploie près de 330 personnes et d’autres recrutements devraient suivre dans les semaines à venir, notamment concernant les anciens personnels de la défunte Camair.

 

 

 

A noter que pour mener à bien son lancement, Camair-Co s’est attaché les services de divers partenaires, notamment Lufthansa consulting pour la préparation initiale, Aérobrand pour le branding (habillement des hôtesses…), Amadeus pour le système de réservation, Boeing pour les avions et Lufthansa technik pour assurer la maintenance. L’un des responsables de cette dernière structure présent à la cérémonie de ce jeudi a fait savoir que leur but est de travailler main dans la main avec les camerounais qui selon lui sont assez performants. Il émet par ailleurs le vœu de voir la Camair-co dans deux ans pourquoi pas , assurer elle-même sa maintenance. Une nouvelle étoile est née, il s’agit de Camair-Co, reste qu’elle trouve dans le ciel du monde son positionnement. Le décollage est prévu pour le lundi 28 mars 2011.


Enième "éléphant blanc"(mirage) du président Paul Biya à la veille de l'élection présidentielle en Octobre prochain ou pas?
Sinon comment expliquer que la Camair-Co démarre ses activités avec un personnel de 330 membres, dont 24 pilotes
...pour 2 avions d'occasion !!!




EXCLUE hackermocking-cartel.com
Cameroun le 23 février 2011- Tentative de contestation pacifique contre le pouvoir en place depuis ...1982.
La contestation sera sévèrement réprimée: plusieurs manifestants sont actuellement dans un état grave aux urgences.


Cameroun-développement :
chômage massif des jeunes diplômés, exode rurale à outrance, absence d'infrastructures, importations alimentaires massives au détriment de la production locale(pas d'auto suffisance pourtant possible), production en vue d'exportation pour répondre à la demande des consommateurs occidentaux(cacao, café, hévéa, tabac, bois,...), inertie et manque de prise d'initiatives des pouvoirs publiques, éléphants blancs,[...].
Des maux qui ne datent pas d'aujourd hui.
50 ans déjà et toujours pas d'évolution
concrète.



Cameroun
contraste de l'urbanisation de la capitale (politique), Yaoundé.



Togo- histoire d'une "indépendance" 1



Togo- histoire d'une "indépendance" 2



Le Cameroun, un pays d'endormis?


Les dirigeants seraient un échantillon bien représentatif des administrés(population):
-niveau réel des compétences,
-la mentalité
-et les agissements.


Ne reconnait-on pas les compétences sur le terrain!

Que vaut donc l'administration camerounaise au-delà des titres pompeux, gros diplômes(à juste titre ou pas)  et distinctions de toutes sortes?

Le bilan et surtout les chiffres parlent d'eux mêmes...





Doté d’un remarquable potentiel humain et naturel, le Cameroun fait pourtant du surplace en matière économique et sociale. En cause, le manque d’infrastructures et des élites adeptes du statu quo.
Le Cameroun somnole. Voilà un pays qui bénéficie d’un nombre peu habituel d’atouts, avec une population globalement bien formée de 20 millions d’habitants et des richesses aussi bien agricoles – on le qualifie souvent de « grenier de l’Afrique centrale » – que minières ou pétrolières. Diversifiée, son économie n’en est pas moins inerte.
Inerte la croissance : avec une amélioration annuelle moyenne de son produit intérieur brut (PIB) de 3,1 % entre 2004 et 2008, le Cameroun est non seulement à la traîne de la région, mais aussi de l’ensemble de l’Afrique subsaharienne, qui a dépassé les 6 % par an sur la même période. Ce piétinement est d’autant plus étonnant qu’il est intervenu au moment où le monde entier connaissait un boom économique.

Inerte l’amélioration des conditions de vie des Camerounais, compte tenu d’une croissance démographique de presque 2 % l’an, qui dévore les maigres progrès de la croissance : selon la Banque mondiale, 40 % des habitants sont pauvres, avec un revenu de moins de 2 dollars par jour, et ce taux ne bouge guère, alors que l’annulation de la dette en 2006 aurait dû permettre de reporter l’effort budgétaire vers la lutte contre la pauvreté. Les citadins s’enrichissent un peu, mais les ruraux voient leur niveau de vie se dégrader, notamment dans le nord du pays. Un tiers des enfants camerounais sont considérés comme chroniquement mal nourris.
Les raisons de cette torpeur ne sont pas macroéconomiques. En effet, l’endettement et le déficit budgétaire de l’État demeurent raisonnables, l’inflation est en dessous de la cible de 3 % par an (+ 0,4 % au premier semestre 2010 selon l’Institut national de la statistique), le déficit de la balance commerciale n’inquiète pas.
Faut-il incriminer les infrastructures indignes d’un pays de cette importance, comme le laisse penser un taux d’investissement de 17 % quand celui-ci s’élève à 25 % dans la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) ? C’est une partie du diagnostic fait par le plan « Vision 2035 » et par le Document de stratégie pour la croissance et l’emploi (DSCE) 2010-2020, qui ambitionnent de propulser le pays dans la catégorie des économies émergentes et d’y réduire la pauvreté de 10 % grâce à une croissance à deux chiffres. Troisième potentiel hydroélectrique du continent derrière la République démocratique du Congo et l’Éthiopie, le Cameroun connaît autant de coupures de courant que d’autres pays moins bien lotis par la nature : sa puissance hydraulique installée est de 721 mégawatts (MW), alors qu’elle pourrait s’élever à 12 000 MW.
Des transports lents et chers
Ses routes sont parmi les plus mauvaises d’Afrique et l’on y dénombre 1,2 km de chaussée goudronnée pour mille habitants, quand ce taux est de 2,4 km dans la sous-région. Pas étonnant que le coût du transport de la tonne au kilomètre y soit de 0,13 dollar, alors qu’il ne dépasse pas 0,005 dollar en Afrique australe. « Le transport de marchandises entre Douala et N’Djamena coûte six fois plus cher qu’entre Shanghai et le port de Douala. Il dure également deux fois plus longtemps : soixante jours, contre trente », déplorait l’ancien président de la Banque de développement des États de l’Afrique centrale (BDEAC), Anicet Georges Dologuélé.
Dans une étude publiée en janvier à Yaoundé et intitulée « Time for the lion to wake up ? », la Banque mondiale confirme ce sévère handicap. On peut y lire que l’économie camerounaise bénéficierait d’une croissance de son PIB par habitant supérieure de 4,5 points à son rythme actuel si ses infrastructures routières et portuaires, son électricité et ses télécommunications étaient portées au niveau de celles de l’île Maurice.
La « Vision 2035 » et le DSCE prévoient donc de construire dans les prochaines années une série de ponts, de routes, de barrages (Lom Pangar et Memve’ele), de centrales thermiques (Douala, Kribi), de ports en eau profonde (Kribi, Limbé) et de voies ferrées.
Pourquoi ne pas s’y être attelé plus tôt ? « D’abord parce que la crise économique de 1994 a empêché le président de la République, Paul Biya, d’exercer la souveraineté économique, faute de moyens », répond Issa Tchiroma Bakari, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, qui incrimine aussi « les élites qui n’ont pas voulu comprendre les règles de l’économie mondiale, c’est-à-dire qu’il fallait transformer nos produits afin d’échapper à la dictature des entités apatrides qui font fluctuer le cours des matières premières, que nous avons continué à exporter brutes. »
La corruption perdure
En faussant les règles du jeu économique et social, la corruption a également joué un rôle néfaste. Certes, le Cameroun a cessé d’être perçu comme le pays le plus corrompu du monde, selon les critères de l’ONG Transparency International. Certes, sous la houlette du nouveau délégué général à la sûreté nationale, Martin Mbarga Nguele, la police commence à ne plus se comporter en prédatrice des automobilistes, « taxés » jusque-là de façon arbitraire. Mais il faut toujours verser une contribution de quelque 150 000 F CFA (environ 228 euros) pour inscrire son enfant dans une « bonne » école publique, dite gratuite.
L’association Voies nouvelles a prouvé que les camions-citernes qui sortent de la Société camerounaise des dépôts pétroliers (SCDP) échangent dans de petits garages une partie de leur cargaison de carburant pour du pétrole lampant, moins cher mais redoutable pour les moteurs. Des bâtiments scolaires sont dits achevés, alors que seul existe le trou pour leurs fondations.
« Si le délégué général à la sûreté a osé faire son boulot en réformant le comportement de la police, c’est que c’est faisable ! s’exclame Léopold Nzeusseu, directeur exécutif de Transparency International Cameroun. Imaginons que le directeur des douanes et celui des impôts fassent de même… Mais, pour le moment, les améliorations ne sont guère perceptibles. Les opérations anticorruption « Épervier » [après le vaste coup de filet entre 2004 et 2006, NDLR] n’attrapent que deux ou trois coupables par an, et certains pensent que cette sévérité sélective est seulement d’inspiration politique. Voilà cinq ans qu’une loi obligeant les hauts fonctionnaires et les élus à déclarer leurs biens dès leur entrée en fonction demeure inappliquée : les décrets d’application n’ont toujours pas été publiés. Voici deux ans que nous attendons la loi protégeant les dénonciateurs de faits de corruption, etc. »

 

Le FMI et la Banque mondiale dénoncent rituellement « un environnement peu propice aux affaires ». La défiance de l’administration toute-puissante vis-à-vis de l’entreprise privée vaut au Cameroun d’être 168e sur 183 dans le rapport « Doing Business » 2011 de la Banque mondiale, qui classe les pays en fonction de la facilité à y réaliser des affaires.
Gouvernance médiocre
Il faut dire que la gouvernance du Cameroun est médiocre. Lors du comice agropastoral qui s’est tenu à Ebolowa du 17 au 22 janvier, le président Paul Biya s’est étonné que son pays ait importé en 2009 pour 500 milliards de F CFA de blé, de riz et de poisson. Évaluant les politiques conduites en matière agricole, il a reconnu : « Si des résultats indéniables ont été obtenus dans certains domaines, l’impression d’ensemble est celle d’une trop grande dispersion et d’un certain manque de cohérence. » C’est peu dire que ce constat peut être étendu à l’ensemble de la politique gouvernementale.
Les budgets d’investissement ne sont réalisés qu’à 50 % ou 60 %, tant les projets sont mal préparés. Celui du barrage de Lom Pangar dort dans les cartons depuis vingt ans et se trouve toujours bloqué parce que les autorités camerounaises n’ont pas répondu aux demandes de précisions en matière environnementale que la Banque mondiale leur a adressées.
Le manque de cohérence souligné par le chef de l’État se retrouve dans le double emploi des futurs ports en eau profonde de Kribi et de Limbé, qui, en plus, se trouveront en concurrence avec des projets comparables au Nigeria et à São Tomé. Tous les bailleurs de fonds jugent budgétairement irréaliste l’annonce que sera assurée avant 2020 l’accessibilité routière de toutes les zones rurales. Le partage du « gâteau » national entre les différents clans (230 ethnies), entre les adeptes des différentes religions, entre le Nord et le Sud, entre les anglophones et les francophones tient de l’équilibrisme et bloque toute innovation.
« Il existe dans notre pays un fort décalage entre le dynamisme des personnes privées qui s’activent dans leur quête du savoir et du bien-être et la lourdeur de la sphère de la gouvernance collective qui pèse sur la société », explique Alain Didier Olinga, maître de conférences en droit public à l’Institut des relations internationales du Cameroun (Iric) et auteur du livre Propos sur l’inertie.
Conservatisme à outrance
« Chez nous, quelque chose qui peut-être fait en un mois prend deux ans, dit-il. En effet, le système hésite en permanence, parce que ses acteurs ne sont pas sûrs d’être bénéficiaires des mutations qui seraient nécessaires et qu’ils décident des réformes à doses homéopathiques. La solidarité entre les différents pôles de pouvoir leur assure la conservation de leurs avantages et leur fait fermer les yeux sur des actes délictueux. Ce conservatisme à outrance ne permet aucun changement. Si le président voulait vraiment réformer, il organiserait un Conseil des ministres chaque semaine au lieu de deux par an. Il ne connaît pas tous les membres de son gouvernement… »
Cette inertie et les oligopoles qu’elle préserve ont un coût. Il s’est écoulé huit mois entre le moment où Paul Biya a donné l’ordre à son ministre des Finances d’attribuer des crédits à l’organisme public chargé de la lutte contre la corruption, la Conac, et le jour où celle-ci a pu en disposer. Deux opérateurs, Orange et MTN, se partagent le marché de la téléphonie mobile et assurent un service de mauvaise qualité, à un prix exorbitant. Le ministère de l’Enseignement supérieur ne parle pas au ministère de l’Enseignement de base, qui ignore celui de la Jeunesse. Tel dossier d’investissement est retardé parce qu’un conseiller du ministre compétent a intérêt à ce que le cabinet d’études, dont il est par ailleurs propriétaire, profite d’un contrat le plus long possible sur le projet.
« Le vivre ensemble fait que nous restons repliés sur nous-mêmes et que nous ne transgressons pas les barrières qui nous empêchent de construire une vraie nation, analyse Olivier Behlé, président du Groupement interpatronal du Cameroun (Gicam). Nous sortirons de la dilution des ressources et de l’irresponsabilité lorsqu’un nombre suffisant de Camerounais voudra en finir avec la paralysie qui en résulte. Il faut remettre au centre l’entreprise privée. Tout passe par elle, car elle est la seule à pouvoir donner des emplois aux millions de jeunes qui arrivent sur le marché du travail. Mais l’entreprise privée est déstabilisatrice, car pour être efficace, elle doit en finir avec le recrutement sur une base ethnique et avec les marchés passés par souci de proximité. Pensons Cameroun, pensons Afrique centrale. Et arrêtons de discourir et de couper les cheveux en quatre. Agissons. »
Malgré les atermoiements prévisibles, les chantiers annoncés, les ouvertures de mines, les projets agricoles devraient finir par accélérer la croissance au cours des prochaines années. Autre signe inédit d’une volonté politique dépassant le stade des incantations, l’État camerounais a émis pour la première fois des obligations au taux de 5,6 % pour un montant de 200 milliards de F CFA (environ 305 millions d’euros), afin de financer une partie des grands travaux et couvrir le déficit budgétaire. À la surprise générale, cette émission a été totalement souscrite en décembre 2010, preuve que la confiance ne fait pas totalement défaut.
Mais le principal espoir d’un changement réside dans les nouvelles générations. « La moitié de notre population a moins de 24 ans, rappelle Olivier Behlé. Elle communique beaucoup plus vite que nous ; elle est urbaine ; même si notre système éducatif est déstructuré, le niveau culturel de ces jeunes s’élève. Ils ne pourront plus être gouvernés comme avant. »
Plus comme avant ! Le Cameroun en rêve… tout en redoutant d’y perdre son fragile équilibre et en fantasmant sur la situation en Côte d’Ivoire et en Tunisie. En l’absence de toute opposition structurée, la transition vers le futur et la libération des énergies camerounaises seront-elles de type explosif ou le processus parviendra-t-il à être maîtrisé et progressif ? Là est la question qui taraude une jeune nation.

 (Cet échec criard ne traduit il pas tout simplement une limitation des compétences de la classe dirigeante?)

titre et introduction modifiés




Le Cameroun et la révolte dans les pays arabes


Des appels au soulèvement. Les autorités prennent des mesures pour éviter que les exemples tunisien et égyptien inspirent des Camerounais.

Le Cameroun n’est pas la Tunisie ?  C’est du moins ce qui ressort du dossier réalisé par Jeune Afrique dans son édition ° 2614 du 13 au 19 février 2011. Si le tableau dressé dans cette enquête est plutôt sombre, le texte introductif tient à montrer que l’absence d’une classe moyenne ou encore d’une jeunesse bien formée font du Cameroun un pays différent de la Tunisie ou de l’Egypte ou des révolutions ont fait tomber les régimes en place.

Pourtant, au Cameroun, les exemples tunisien et égyptien font trembler ou rêver, selon le camp dans lequel on se trouve. Des intellectuels comme Alain Patrice Nganang pensent qu’il est temps pour le peuple camerounais de renverser le président Paul Biya. «Qu’il ne soit pas candidat à l’élection de 2011, demeure cependant le but, le seul qui vaille aujourd’hui, en réalité. Oui, c’est simple : qu’il parte ! Qu’il parte ! »

Facebook
L’écrivain camerounais ne se contente pas de souhaiter que Paul Biya ne se présente pas à la prochaine élection présidentielle. Il mène une véritable campagne sur Internet pour un soulèvement. Sur sa page Facebook, d’ailleurs, Alain Patrice Nganang a publié «Les dix commandements du manifestant», un guide pour les personnes qui descendront dans la rue le 23 février prochain.

Le cinéaste Jean-Pierre Bekolo, lui, écrit : «A mon avis, le changement est inéluctable dans un pays comme le Cameroun, tous les paramètres d'analyse laissent croire que le système en place doit changer et l’étincelle nord africaine ne peut être que salutaire.»

Toujours du côté de la diaspora, le Collectif des Organisations Démocratiques et Patriotiques des Camerounais de la Diaspora (Code) n’a pas manqué cette autre occasion d’exprimer son opposition au régime en place à Yaoundé. Il a publié un communiqué pour appeler les Camerounais à se soulever : «Le Code vous appelle à vous mettre debout comme un seul Homme, pour soutenir tous les appels à l'insurrection populaire qui va se mettre en marche dans les prochains jours, et ceci jusqu'à ce que Paul Biya dégage.  Nous sommes à vos côtés sur place au Cameroun pour l'assaut final. Préparez vous psychologiquement car, la lutte pourrait être longue et difficile.  Paul Biya a le choix de quitter le pouvoir tout de suite, ou de faire face au sort réservé à tous les dictateurs.  Nous appelons l'armée de s'abstenir de tirer sur le peuple et de désobéir si Paul Biya leur faisait la demande.»

Sur place au Cameroun, des tracts ont circulé dans les villes de Bafoussam et de Bamenda, tandis que des hommes politiques comme Mboua Massock ont également appelé les Camerounais à descendre dans la rue. Jeudi dernier, il a donné un point de presse pour appeler à un soulèvement populaire dès le 23 février prochain. Une démarche à laquelle s’oppose l’Offre Orange portée par Hilaire Kamga.  Dans un document intitulé «L’Offre Orange ne cohabite pas avec une logique des tracts d’agitation», le mandataire de L’Offre Orange rappelle que «le moment est mal choisi pour lancer des appels à l’insurrection ou vouloir créer des conditions d’ingouvernabilité au Cameroun».

Réaction
Du côté des autorités, on semble prendre très au sérieux les menaces ou appels au soulèvement. Les mouvements d’humeur de Bafoussam et de Buea, la semaine dernière, ont suscité une réaction prompte de l’administration qui veut absolument éviter une situation de tension. A Yaoundé, les commerçants installés aux abords des axes routiers du centre-ville ont fait l’objet de moins de tracasseries en fin de semaine dernière.

De source bien informée, le délégué régional de la Sureté nationale du Centre s’est entretenu mardi dernier avec le délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Yaoundé, ainsi qu’avec les policiers chargés de l’assainissement urbain. Il aurait demandé à ces derniers d’éviter de poser des actes susceptibles de provoquer un soulèvement.  Ceux-ci sont en effet au quotidien en contact avec les dizaines de jeunes vendeurs à la sauvette du centre-ville de Yaoundé.


Le fils de Kadhafi: "le peuple doit choisir entre nouvelle Libye ou guerre civile"


Seïf Al-Islam, le fils du numéro un libyen Mouammar Kadhafi, a affirmé dimanche soir que le peuple libyen devait choisir soit de construire une "nouvelle Libye" soit de plonger dans la "guerre civile", alors que les affrontements ont gagné la capitale Tripoli dans la nuit de dimanche à lundi.
"La Libye est à un carrefour. Soit nous nous entendons aujourd'hui sur des réformes, soit nous ne pleurerons pas 84 morts mais des milliers et il y aura des rivières de sang dans toute la Libye", a déclaré Seïf Al-Islam lors d'une allocution télévisée.
Au sujet des réformes, il a annoncé que le Congrès général du peuple (Parlement) se réunira bientôt pour décider d'un nouveau code pénal et de nouvelles lois donnant "des perspectives de liberté" pour la presse et la société civile, ainsi que du lancement d'un dialogue sur une Constitution.
"Nous avons eu les réformes que nous voulons avec moindre pertes et moindre problèmes", a-t-il dit.
"De la première à la deuxième Jamahiriya" libyenne, a-t-il dit. "Si vous voulez qu'on change le drapeau et l'hymne national, on le fera".
Seïf Al-Islam a répété à plusieurs reprises le chiffre de 84 morts dans les violences qui ont débuté la semaine dernière en Libye et affirmé que les bilans donnés par "les médias étrangers" étaient "très exagérés".

La plupart des victimes ont été tuées à Benghazi, deuxième ville du pays à 1.000 km à l'est de Tripoli, mais selon des témoins des heurts sanglants ont éclaté samedi à Musratha (est) et Zaouia (ouest).
Des tirs nourris ont été entendus dimanche soir dans plusieurs quartiers de Tripoli par des témoins.
Des affrontements entre opposants et sympathisants du numéro un libyen ont notamment eu lieu sur la Place verte de Tripoli, selon des témoins. Aux environs de 03H00 GMT on n'entendait plus de coup de feu.
Seïf Al-Islam qui conduisait le courant réformateur depuis 2007, avant d'annoncer sa retraite politique un an après, a affirmé que la Libye était la cible d'un complot étranger et a reconnu que plusieurs villes du pays, dont Benghazi et Al-Baïda dans l'est du pays, étaient la proie de violents combats et que les émeutiers s'étaient emparés d'armes militaires.
"Maintenant tout le peuple libyen est armé. Je m'adresse à vous et pour la dernière fois avant de recourir aux armes", a-t-il dit, estimant que la Libye n'était "pas la Tunisie ni l'Egypte", en allusion aux révolutions de ces deux pays qui ont conduit à la chute de leurs régimes.
"Notre moral est au plus haut et le leader Mouammar Kadhafi, ici à Tripoli, conduit la bataille et nous le soutenons ainsi que nos forces armées (...) Nous ne lâcherons pas la Libye et nous combattrons jusqu'au dernier homme, jusqu'à la dernière femme et jusqu'à la dernière balle".
"En ce moment des chars se déplacent dans Benghazi conduits par des civils. A Al-Baïda, les gens ont des fusils et des nombreux dépôts de munitions ont été pillés. Nous avons des armes, l'armée a des armes, les forces qui veulent détruire la Libye ont des armes", a-t-il lancé.
Selon lui, les affrontements sont provoqués par des éléments libyens et étrangers visant à détruire l'unité du pays et instaurer une république islamiste, selon ces déclarations retransmises par la télévision d'Etat libyenne.
Un haut responsable libyen a indiqué dimanche qu'un "groupe d'extrémistes islamistes" retenait en otage des membres des forces de l'ordre et des citoyens à Al-Baïda, dans l'est du pays, exigeant la levée du siège autour de lui.
Parallèlement, les autorités ont annoncé avoir arrêté des dizaines de ressortissants arabes appartenant à un "réseau" ayant pour mission de déstabiliser le pays, selon Jana.
"L'armée aura maintenant un rôle essentiel pour imposer la sécurité parce que c'est l'unité et la stabilité de la Libye" qui sont en jeu, a déclaré le fils du dirigeant libyen.
Peu avant, le Premier ministre Al-Baghdadi Al-Mahmoudi a indiqué que la Libye était en "droit de prendre toutes les mesures" pour préserver l'unité du pays.




De la position de la BCEAO, la banque centrale de l’UEMOA.



Au vu des etudes jusque la menees par plusieurs chercheurs, il y a un doute sur la role de la BCEAO en termes de regulateur de l’economie au profit de ses mandataires. Il est meme deontrer sur la base des donnees fournies bar la BCEAO, l’evidence que l’institution, n’a pas forcement pour objectif d’apporter l’energie necessaire a la croissance economique de l’Uemoa. “La banque n’est pas geree” comme le dirait l’autre, pas par manque de competence mais plustout par manque de pouvpoir de decision. La banque centrale de l’uemoa serait aux ordres des representants du tresor francais. La BCEAO suivrait ainsi l’evolution du taux d’interet de la BCE (la banque central europeenne) et ou le taux de change de l’euro par rapport au dollars et partant celui du Franc CFA contre le dollars americain. Les tableux (1 et 2) ci-dessous presentent l’evoluion des taux de change entre l’euro et le dollars americain d’une part (Figure 1) et ceux du franc CFA contre le billet vert (dollars americain). Ne cherchez y surtout pas de difference, vous n’en verez aucune entre ces deux courbes parcequ’il n’y a en pas. Ceci dit face au dollars les problems de l’euro sont ceux de l’uemoa. Ainsi des pays classes parmis les plus pauvres du monde partagent la galere en termes de commerce exterieur, avec l’union europeenne. L’uemoa n’a pas le choix, il n’y a pas d’alternative. En termes de commerce exterieur,  la Cote d’Ivoire qui pilote l’economie de la sous region, reste perdante car elle est membre de fait de la zone euro avec une monnaie trop forte.

1- Courbe d’evolution de la parite de l’Euro contre le dollars americain de janvier 2000 a Decembre2010 (Source Bloomberg)


2- Courbe d’evolution de la parite du franc CFA contre le dollars americain de janvier 2000 a Decembre2010 (Source Bloomberg).


D’apres les donnees fournies par la BCEAO et la BCE (banque centrale europeenne), il resort que la banque centrale de l’UEMOA,  suit presque point par point, les decisions de la BCE. Ce phenomene n’est pas  lineaire sachant que les deux banques centrales n’ont pas les memes objectifs. Un exemple palpable et dramatique ici, c’est qu’en 2007-2008, pendant que les ivoiriens faisaient des marches de protestation contre la monte de l’inflation (ou cherte de la vie) qui avait court dans le monde entier, la BCE (banque centrale europeenne), relevait tranquillement son taux d’interet directeur pour contrer la follie prix, comme le recommande la theorie economique. Pendant ce temps, nous constisations  sans surprise aucune, que la BCEAO n’avait pas d’autres moyens que de rester de marbre face a la debacle des economies qu’elle est sensee aider. Encore une fois  la competence interne en la matiere n’a pas fait defaut mais plutot le pouvoir de decision se faisait desire vu que les representants du tresor public francais a Dakar diposent d’un droit de veto dans le comite de pilotage de la politique monetaire de l’institution ouest africaine. La figure ci-dessous indique ce que nous affirmions plus haut.

3. Evolution des taux directeur de la BCEAO (courbe rouge, de haut) et de la BCE (courbe bleue, de bas). Clicker sur le lien pour acceder a la figure. (Source BCEAO et BCE)



La Côte d’Ivoire n’a pas d’autres choix que de battre monnaie


La création de la monnaie nationale en Côte d’Ivoirefait l’objet d’un débat même au-delà des frontières du pays. Certains nostalgiques trouvent ici l’opportunité de distiller leur pessimisme légendaire qui les suit comme la peau des fesses. On peut lire dans certains journaux sur la place d’Abidjanqu’il faudrait 15 ans aux autorités d’Abidjan pour créer une monnaie. Disons tout simplement que ceux-là soit, ignorent les mécanismes, soit sont de mauvaise foi et dans ce dernier cas, sont juste dans leur logique de désinformation. Il est temps que l’on s’arrête un moment pour se poser, économiquement parlant, les questions fondamentales à savoir: la Côte d’Ivoirese sent-elle bien ? Si oui, tant mieux! Sinon, que faut-il faire pour vivre mieux ? A travers ce document qui se veut pédagogique, nous essayons de souligner les atouts d’une monnaie nationale d’une part et la capacité de la Côte d’Ivoirede battre sa propre monnaie d’autre part. Pour commencer notre propos, nous vous présentons un bref historique du F cfa, nous exposons par la suite le rôle d’une banque centrale avec celui de la Bceaoen prime avant de peindre les variables qui militent en faveur de la capacité de la Côte d’Ivoire de battre monnaie.

Le Franc Cfa : historique

Au 19e siècle, le continent africain dans son ensemble a joué un rôle important dans l’économie internationale en sa qualité de pourvoyeur d’Or au système monétaire du globe. L’Afriquea ainsi aidé non seulement à monétiser l’économie méditerranéenne au moyen-âge mais aussi à maintenir la balance de paiement de ces économies. Malheureusement, l’effectivité de la participation des pays d’Afrique, particulièrement ceux d’Afrique de l’Ouest dans le système monétaire international est apparue seulement avec l’utilisation du franc français. L’environnement économique défavorable d’âprès guerre a vu le retrait du franc français et son remplacement par le franc Cfa dans les colonies françaises d’Afrique. Cette nouvelle monnaie est introduite avec un taux de change fixe avec le franc français. Notons que le Trésor français gère le franc Cfa à travers un compte dit d’opérations et « garantie » la convertibilité du Cfa avec d’autres monnaies. L’Afrique du franc Cfa est scindée en plusieurs organes dont l’Uemoa(Union monétaire ouest-africaine) qui est dotée d’une banque centrale (Bceao). L’Uemoa regroupe huit (8) pays dont la Côte d’Ivoire et est sensée faciliter le commerce sous-régional avec une politique fiscale commune. Le Trésor public français est représenté dans la région par les différentes banques centrales dont la Bceao. L’on se demanderait le rôle d’une banque centrale en général et celui de la Bceao en particulier.

Quel est le rôle d’une banque centrale et comment opère-t-elle ?

Une banque centrale est chargée de gérer la politique monétaire d’un ou de plusieurs pays. Ce rôle lui est confié par un ou plusieurs chef (s) d’Etat. La banque centrale joue le rôle de banque des banques. Elle émet la monnaie papier, elle fixe les taux d’intérêts et supervise ainsi les marchés financiers.
Nous venons de citer (3) points clés dans le fonctionnement d’une banque centrale. Pour simplifier les choses, prenons un exemple concret. M. Konan va vers la Biao (sa banque) dans le but d’avoir un prêt pour l’achat de sa voiture, de même la Biao se tournera vers la Bceao, la banque centrale (sa banque donc) pour de la liquidité afin de satisfaire M. Konan, d’où le rôle de banque des banques de la Bceao (la banque centrale).
Le deuxième rôle comme nous l’avons dit est d’émettre de la monnaie, c’est cette action de la Bceao qui permet aux habitants d’Abidjan, par exemple, de savourer les nouveaux billets « craquants » qu’on appelle aussi monnaie fiduciaire.
La banque centrale fixe enfin le taux d’intérêt directeur. En effet, tout prêt a un coût déterminé en amont par le taux directeur banque centrale. C’est sur la base de ce taux que les banques commerciales reçoivent des prêts de la banque centrale et/ou de leurs paires. On est donc en droit de se demander les bases sur lesquelles la banque centrale fixe son taux directeur. C’est ici, que nous comprendrons les effets des décisions de la Bceao sur la vie de chaque individu depuis Koudougou (au Burkina Faso) jusqu’à Abidjan.
En effet, selon les techniques modernes de gestion d’une politique monétaire, outre l’injection de billets frais dans l’économie en vue d’en garantir la liquidité, la banque centrale dispose du maniement du taux d’intérêt directeur. Ce dernier levier permet à toute banque centrale de baisser ou de relever le niveau de la monnaie en circulation dans un pays. Ainsi, quand la quantité de la monnaie n’assure pas un fonctionnement normal de l’économie, la banque centrale y injecte une certaine quantité d’argent ou en limite sa circulation. Ce mécanisme se fait à travers la variation du taux d’intérêt directeur qui a un effet sur le niveau de l’inflation, c’est-à-dire la cherté de la vie. Qu’est ce que cela signifie?
En clair, la banque centrale se fixe pour premier objectif de maintenir le taux d’inflation (ou cherté de la vie) à un niveau d’équilibre prévu, soit 3% pour la Bce (Banque centrale europeenne) et 2% pour la Bceao (voir une étude de Amada Combey et Kako Nubukpo 2010, de l’Université de Lomé). Si la banque centrale estime que la cherté de la vie à court terme est susceptible de dépasser le niveau d’équilibre requis, elle se donne le droit mais non l’obligation de remonter son taux d’intérêt directeur, pendant une session du comité de politique monétaire. Ceci se traduira par une réduction ou une augmentation de la quantité de monnaie dans l’économie. On est tous d’accord que quand l’argent manque, la demande de biens baisse et partant les prix et vice-versa. Notons que l’augmentation des prix peut être due, soit au fait qu’il y a trop d’argent dans le pays ce qui gonfle la demande de biens et donc les prix, soit que les prix des produits importés (qui viennent de France ou de Chine par exemple) sont élevés. Notons que le prix du pétrole est souvent à la base de la croissance des prix des produits importés.
La dynamique du mouvement du taux d’intérêt banque centrale s’inverse quand l’inflation, est projetée en deça de son niveau d’équilibre, c’est à dire quand le niveau d’équilibre des prix va décroissant. Cela signifierait que l’économie ne fonctionne pas à plein temps d’où le chômage rampant et partant, la baisse des richesses à l’échelle nationale. Dans ces conditions, la banque centrale réduit son taux directeur pour rendre le loyer de la monnaie accessible aux consommateurs par le biais de leurs banques commerciales. En effet, quand le prix de l’argent baisse ainsi à la banque centrale, les banques sont censées faire des prêts qui à leur tour, permettent aux entreprises d’investir plus et aux individus de créer d’autres entreprises. Ceci, à moyen terme devrait assurer la reprise économique.
Malheureusement, il peut s’avérer que le levier du taux d’intérêt directeur soit inefficace et que l’économie continue de souffrir. C’est le cas aux Usa et en Europe où malgré un taux d’intérêt directeur avoisinant zéro pour cent, l’économie a eu du mal à redécoller. Dans ce cas précis, la banque centrale a un autre moyen, celui de faire appel à la planche à billets. C’est le cas en Europe et aux Usa ou la Fed (banque centrale américaine) a injecté et continue de fournir des milliards de dollars à son économie. Cela s’appelle le " quantitative easing" pour les anglo-saxons. Ceci dit, la Bceao fonctionne-t-elle selon les normes ci-dessus?

De la position de la Bceao, la banque centrale de l’Uemoa

Au vu des études jusque-là, menées par plusieurs chercheurs, il y a un doute sur le rôle de la Bceao en termes de régulateur de l’économie au profit de ses mandataires. Il est même démontré sur la base des données fournies bar la Bceao, l’évidence que l’institution, n’a pas forcément pour objectif d’apporter l’énergie nécessaire à la croissance économiquede l’Uemoa. "La banque n’est pas gérée" comme le dirait l’autre, pas par manque de compétence mais plutôt par manque de pourvoyeur de décision. La banque centrale de l’Uemoa serait aux ordres des représentants du Trésor français. La Bceao suivrait ainsi l’évolution du taux d’intérêt de la Bce (la Banque centrale européenne) et ou le taux de change de l’euro par rapport au dollar et partant, celui du franc Cfa contre le dollar américain. Les tableaux (1 et 2) ci-dessous présentent l’évoluion des taux de change entre l’euro et le dollar américain d’une part (Figure 1) et ceux du franc Cfa contre le billet vert (dollar américain). Ne cherchez y surtout pas de différence, vous n’en verrez aucune entre ces deux courbes parce qu’il n’y a en pas. Ceci dit face au dollar les problèmes de l’euro sont ceux de l’Uemoa. Ainsi des pays classes parmi les plus pauvres du monde partagent la galère en termes de commerce extérieur, avec l’Union européenne. L’Uemoa n’a pas le choix, il n’y a pas d’alternative. En termes de commerce extérieur, la Côte d’Ivoire qui pilote l’économie de la sous-région, reste perdante, car elle est membre de fait de la zone euro avec une monnaie trop forte.

1- Courbe d’évolution de la parité de l’Euro contre le dollar américain de janvier 2000 à décembre 2010 (Source Bloomberg)

2- Courbe d’évolution de la parité du franc Cfa contre le dollar américain de janvier 2000 à décembre 2010 (Source Bloomberg).

D’après les données fournies par la Bceao et la Bce (Banque centrale européenne), il ressort que la banque centrale de l’Uemoa, suit presque point par point, les décisions de la Bce. Ce phénomène n’est pas linéaire sachant que les deux banques centrales n’ont pas les mêmes objectifs. Un exemple palpable et dramatique ici, c’est qu’en 2007-2008, pendant que les Ivoiriensfaisaient des marches de protestation contre l’inflation (ou cherté de la vie) qui avait court dans le monde entier, la Bce (Banque centrale européenne), relevait tranquillement son taux d’intérêt directeur pour contrer la folie prix, comme le recommande la théorie économique. Pendant ce temps, nous constipations sans surprise aucune, que la Bceao n’avait pas d’autres moyens que de rester de marbre face a la débâcle des économies qu’elle est sensée aider. Encore une fois, la compétence interne en la matière n’a pas fait défaut mais plutôt le pouvoir de décision se faisait désirer vu que les représentants du Trésor public français à Dakar disposent d’un droit de veto dans le comité de pilotage de la politique monétaire de l’Institution ouest-africaine. La figure ci-dessous indique ce que nous affirmions plus haut.
3. Evolution des taux directeur de la Bceao (courbe rouge, de haut) et de la Bce (courbe bleue, de bas). Cliquer sur le lien pour accéder à la figure. (Source Bceao et Bce)

Evolution des Taux directeurs Bceao-Bce

En clair, la Bceao ne ferait, non seulement pas usage d’aucun levier majeur à sa disposition pour procurer une nécessaire santé aux économies de l’Uemoa, pis, elle se serait trouvé une nouvelle vocation qui est au-delà des limites de son mandat en voulant couper les vivres à l’un des pays les plus avancés de l’union. Ceci dit, le désir de concrétiser une volonté populaire qui est la création d’une monnaie nationale en Côte d’Ivoire, ne peut qu’être légitime et salutaire. D’ailleurs, la Côte d’Ivoire n’a pas d’autres choix que de chercher la croissance par les moyens légaux avec une banque centrale qui répondrait à ses besoins. Beaucoup de citoyens s’interrogent et à juste titre, sur la faisabilité d’un tel bond en avant étant donne que la C^^ite d’Ivoire, qui compte plus que 45 pour cent de Pib (ou richesse) de l’union, est dans une crise post-electorale majeure. Le pays croule en ce moment sous des pressions économiques et politiques en provenance du monde entier et principalement de la France et des Usa.
En effet, battre monnaie obéit bien plus à des conditions économiques qu’à autre chose. Dans le cas de la Côte d’Ivoire, on devrait plutôt se demander si les fondamentaux sont présents, en d’autres termes, si les conditions nécessaires et suffisantes sont réunies pour la création d’une monnaie. La Côte d’Ivoire a-t-elle les moyens (dans tous les sens du terme), de créer et gérer sa propre monnaie ? Si oui, quelles en seraient les conséquences ? Tel est l’objectif de notre argumentaire qui suit.
Rappelons que ce document se voulant pédagogique, nous essayerons de toucher, avec simplicité, au détail, pour permettre au lecteur, même presque moyen, de se forger une opinion à la lumière d’un minimum de connaissance.

Des conditions nécessaires et suffisantes pour la création d’une monnaie nationale en Côte d’Ivoire

La monnaie, en tant que moyen d’échange, est incontournable dans la vie de tout individu et partant, d’une Nation. La Côte d’Ivoire possède-t-elle les éléments pour participer aux échanges internationaux avec une monnaie propre à elle ? Nous répondons par l’affirmative car les bords de la lagune Ebrié regorgent de biens très convoites par d’autres Nations. La Côte d’Ivoire est premier producteur mondial de cacao et le pétrole, le gaz et d’autres ressources minières sont logés dans son sous-sol. La Côte d’Ivoire a donc les moyens de participer aisément au commerce international. A partir de ce moment, l’on peut se demander si la Côte d‘Ivoire a, en son sein, la matière grise nécessaire et une structure bancaire adéquate pour gérer sa propre monnaie. Concernant le premier point à savoir la matière grise, c’est-à-dire des hommes pourvus de compétences nécessaires pour penser et rendre effective la politique monétaire d’une banque centrale, la réponse ne peut qu’être affirmative. On est à tout le moins tous d’accord que les preuves de compétence dans ce domaine sont légion. Pour exemple, le gouverneur actuel de la Bceao maitrise tous les contours d’une politique monétaire et il ne saurait refuser d’apporter son expertise à son pays, quant au Premier ministre actuel de l’Etat de Côte d’Ivoire, le professeur Aké N’Gbo, il tutoie à souhait la politique monétaire, le professeur Mamadou Koulibalyest connu de tous pour ses connaissances en la matière. Nombreux sont les Ivoiriens qui enseignent l’économie a l’intérieur et a l’extérieur du pays. On se rappellera toujours Nicolas Agbohou. Du point de vue structure bancaire adéquate, notons que la Côte d’Ivoire bénéficie d’un réseau de plusieurs banques nationales qui sont en concurrence avec d’autres banques étrangères. Toutes ces banques ont des agences à travers le pays. La poste de Côte d’Ivoire bénéficie d’un réseau qui peut servir pour la distribution de la monnaie. Toute cette structure est coiffée par une agence nationale de la Bceao qui est parfaitement dans la position de jouer le rôle principal. De quoi auraient donc peur les autorités d’Abidjan? Rien ! Cela dit la lutte sera âpre car l’Uemoa sans la Côte d’Ivoire, son poids lourd, le Trésor français aura un manque à gagner à coup sûr. Il est évident que l’Elysée jouera toutes ses cartes pour empêcher la réalisation d’un tel projet, ce qui est tout à fait normal (de son point de vue) car les intérêts gouvernent les actions et la France joue ici ses intérêts. La Côte d’Ivoire a donc tout intérêt à lutter pour sa survie.

Les dangers que court la Côte d’Ivoire à battre monnaie.

Le principal danger à gérer une monnaie, réside dans l’éventualité d’une attaque menée par des investisseurs contre une parité « injustifiée » d’une monnaie par rapport à une autre. En effet, une monnaie se renforce au fur et à mesure que les fondamentaux de son économie s’embellissent. Ainsi, les investisseurs se débarrassent d’une monnaie dont le pays connait des difficultés économiques. Contre cette logique, il se trouve des dirigeants qui, par fierté, décident de ramer contre le vent et ils perdent toujours. Pour éviter de telles mésaventures, il ya deux possibilités : la première, c’est de poser des balises en fixant la parité de la monnaie avec un panier de plusieurs autres monnaies nationales (celles de Nations avec lesquelles l’on commerce le plus souvent). Une autre décision de politique monétaire, que nous trouvons d’ailleurs meilleure, c’est de laisser flotter sa monnaie et ne jamais essayer de la défendre au cas où elle ferait l’objet d’attaques, car c’est toujours peine perdue. Nous allons apporter un peu plus de détail sur ce point.
Naturellement, là où il y a commerce, on a vocation de faire du profit. Outre la vente de matières premières ou produits finis, les Nations échangent une panoplie de biens dont la monnaie elle-même. En effet, pour acheter une voiture aux Usa, l’Ivoiriena besoin du dollar américain. Si le billet vert (dollars) est à l’image de l’économie américaine, donc fort, notre consommateur devra débourser beaucoup plus de Franc Cfa que dans le cas d’un dollar faible. Inversement quand M. Sansan Kouao, vend ses tonnes de cacao à New York, et que le dollar est fort par rapport à l’euro donc par rapport au Franc Cfa, notre agriculteur revient tout en joie car il recevra beaucoup de Franc Cfa. C’est dire que d’autres éléments tels que le taux de change, par exemple, sont en jeu dans la gestion d’une monnaie. Notons que le taux de change peut être fixe (cas du Franc Cfa par rapport à l’Euro), semi-flottant (cas de la Chinequi impose des barrières à ne pas franchir pour sa monnaie) ou complètement flottant (cas de l’euro). Les dangers qu’il y a à gérer une monnaie à taux flottant, réside dans la fierté des autorités monétaires a défendre leur monnaie contre une baisse de sa valeur. Ici, on s’expose à l’appétit des traders professionnels qui, vu l’état de santé de l’économie du pays en question, sont tellement convaincus (et à juste titre) que la valeur actuelle de ladite monnaie est trop levée, qu’ils (les traders) vont s’attaquer à la monnaie, dans le sens de réduire sa valeur. Comment cela se passe-t-il dans la pratique? Prenons le cas du milliardaire américain George Soros, qui a parié que la livre sterling, la monnaie du Royaume-Uni devrait perdre de valeur en 1992. Ce trader a donc vendu à découvert 10 milliards de pound (livre sterling) sur le marché financier (qu’on appelle aussi FX). Au départ, l’autorité monétaire à Londres a voulu défendre son « bébé » en prenant des mesures contre l’offre de vente de Soros. Evidemment, on ne lutte pas contre la loi de l’offre et de la demande. Résultats, la monnaie anglaise a fondu. Soros a eu raison, il est devenu milliardaire. La leçon ici est de comprendre que l’on a nullement besoin de défendre la parité d’une monnaie surtout pour la Côte d’Ivoire, pourquoi? Simplement parce que la Côte d’Ivoire n’a pas besoin d’une monnaie forte. Le pays étant dans une position d’exportateur net (vendre plus et acheter moins), il bénéficierait d’un taux de change faible, ce qui accroîtrait ses gains. Tenez, nous avons, par exemple, la Chine d’un côté, qui se bat pour que sa monnaie reste faible et de l’autre, les Américains qui font pression pour que la parité du Rinminbi (monnaie chinoise) avec le dollar, remonte pour refléter la puissance économique de la Chine et ainsi moins pénaliser l’économie de l’oncle Sam. En définitive, gérer sa propre monnaie n’a rien de sorcier et ne peut qu’être bonheur vu les possibilités que s’offre la banque centrale de dynamiser l’économie et donc gonfler les richesses de l’Etat quand il le faut. Abidjan n’a d’autres choix que de battre monnaie.

 

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